don't judge a car by its body - Libre

 ::  :: center l.a. :: hollywood studios
avatar


• âge : 26
• orientation : Tu as une belle gueule, un sourire chaleureux, un bel esprit et des courbes féminines à mon goût ? Alors tu es mon talon d'Achille.
• occupation : Chauffeuse... de taxi espèce de pervers !
• avatar : Behati Prinsloo
• crédits : Pretty Young Thing (avatar)
• messages : 11
don't judge a car by its body - Libre
Mar 6 Nov - 17:31
Je penche ma tête en avant et regarde par la fenêtre côté passager en sifflant. Y’a pas à dire, c’est sacrément classe les studios d’Hollywood, même de l’extérieur ! Mon taxi doit détonner de ouf dans cette rue, mais je m’en moque royalement. Les gardiens peuvent gigoter d’une jambe à l’autre tant qu’ils veulent, je ne bougerai pas de là tant que je n’aurai pas réussi à avoir au moins un client. Attends, à force de lire des lignes et des lignes de texte toute la journée, les acteurs ont bien le droit d’avoir eux aussi le privilège de profiter d’une demi-heure de break dans le taxi du bonheur. Je ne vois pas pourquoi je le réserverais qu’au commun des mortels. Et puis, au pire, y’aura bien un fan rejeté qui n’aura pas la force de rentrer à pied après avoir vu son rêve être détruit en poussière. Alors, déterminée comme jamais, je sors de la voiture et me cale sur le coffre, le regard tourné vers le portail. Enfin, ça, c’était avant d’attendre pendant vingt minutes sans voir même une mouche passer. Sérieusement, ils dorment ici ou quoi ?! J’veux bien qu’ils fassent des grosses journées, voire soirées, mais on va pas me faire croire que c’est pour tous les tournages ! Bon, on inspire, on expire et on travaille la patience. C’est parfait ça, ça ne peut pas me faire de mal. Mais avant, un peu de courage sucré ! Je glisse sur le côté de la voiture, me faufile derrière pour récupérer un paquet sous le fauteuil conducteur et ressors avec un grand sourire aux lèvres. De quoi je me plaignais déjà ? De pouvoir profiter du coucher de soleil sur les studios tout en mangeant la meilleure nourriture au monde ? Ridicule ! Je me recale sur le coffre, les jambes en tailleur, le dos contre la vitre arrière. Après avoir ouvert mon sachet, je savoure un instant l’odeur des dragibus, puis j’en gobe un et pose ma tête en arrière. A peine quelques secondes passent et j’entends le portail s’ouvrir – moi j’vous dis, c’est la magie des dragibus. Il a beau avoir la classe, il faudrait peut-être qu’ils pensent à l’huiler de temps en temps. La déception suit bien vite mon espoir enchanté : une limousine aux vitres bien teintées attend pour sortir. Mais quelle idée de s’enfermer dans un endroit aussi sombre et lugubre, c’est pas comme ça qu’ils vont se détendre ces cons de célébrités. C’est pas étonnant qu’ils finissent tous en dépression ! Et en plus, il faut qu’elle s’arrête pour parler aux gardiens. Je suis pas stupide, je sais que c’est ma voiture passe-partout qui dérange. Et dire que l’armoire à glace qui se dirige vers moi pense qu’elle va me faire peur... Ça se voit qu’elle n’a jamais eu affaire à un maori face à un néo-zélandais blanc. Je cherche même pas à me redresser. Je ne compte pas bouger, alors quel intérêt ? « J’attends un client. Il devait finir sa scène il y a dix minutes, mais vous savez ce que c’est, un réalisateur pas content et c’est reparti pour trois heures. Un bonbon ? » Je tends le paquet vers le garde du corps avec un sourire. « Allez, circulez maintenant, on vous a déjà autorisée à rester assez longtemps comme ça. » « Vous voulez vraiment subir la colère de mon client ?! Si vous voulez hein, mais venez pas pleurer quand vous serez au chômage demain ! Ah, attendez, vous avez peut-être de la chance... » Je penche la tête sur le côté et regarde les portes s’ouvrir de nouveau. Pitié, quelqu’un à pied et qui veut bien monter dans une voiture normale !
Revenir en haut Aller en bas
avatar


• âge : 33
• côté ♥ : un grand vide dans la poitrine
• orientation : lesbienne
• occupation : à la dérive
• avatar : Jenna Coleman
• crédits : whovian (avatar) zenlane (gif)
• messages : 11
don't judge a car by its body - Libre
Dim 11 Nov - 0:49
« Chauffeur à la maison. » Sans aucune autre explication, tu t’engouffres dans le taxi et ferme la portière laissant les autres intervenants en finir avec leurs explications sur la présence du véhicule à cet endroit précis. Tu es essoufflée sans avoir couru et ton coeur tambourine tellement que tu crains qu’il ne trouve une porte invisible pour sortir de ta poitrine. Elle aurait eu cette impudence sans une hésitation, elle l’a eu plus d’une fois, “voler” un taxi devant le nez d’un client ahuri. Tu entends même sa voix te chuchoter : « Un de plus au compteur ». Tu as toujours trouvé cela complètement fou. Tu te retiens au siège pour ne pas aller t’excuser auprès de chacun.

Elle aurait adoré cette visite guidée des studios. Elle vous aurait écarté du groupe intentionnellement. Toi, tu as décroché uniquement parce que tu avais la tête ailleurs. Robotisée dans des gestes usuels, tel qu’acheter des fleurs pour ta femme décédée. Voilà trois heures que tu promènes le bouquet. Ils t’ont regardée de la tête aux pieds quand tu as intégré le groupe des visiteurs du studio de cinéma et le guide t’a bien spécifié que vous n’alliez pas approcher d’acteurs ou d’actrices d’assez près pour que tu leur offres des fleurs. Et toi, bêtement, tu as balbutié « C’est pour ma femme ». Ils t’ont regardée avec incrédulité. L’idée te traverse qu’ils ont fait exprès de t’abandonner durant la visite craignant que la bizarrerie soit contagieuse. Tu n’es pas touriste. A regarder de près ta situation, on peut dire que tu es SDF, même si tu fais du camping ou loue une chambre d’hôtel. Tu en as pris l’allure. Ton voyage de deux mois par monts et par vaux t’a marqué. Et maintenant, tu fais quoi ? Prendre un taxi qui ne t’est pas destiné parce que la scène que tu as observé durant les quelques secondes de l’ouverture du portail t’en a donné envie. Une grimace te fait reformuler la raison, tes pieds en ont assez de tourner en rond pour trouver la sortie des studios. Le bouquet aussi ! Tu es passée près d’eux, lunettes de soleil sur le nez, sans tourner la tête, uniquement la petite phrase qui a claqué dans l’air. Classe ! Classe comme une star qui aurait gardé sa tenue de scène poussiéreuse et usagée ! Avec des fleurs à la main ! Ça change tout.

Tu repères le regard de la “taxi driver” qui te cherche au travers de la vitre. Il te déstabilise. Tu baisses la tête. Tu t’attends à te faire incendier, expulser. Elle savait y faire mais toi, tu en es loin. Tu essaies de t’échapper mentalement avant que le cataclysme te tombe dessus. Tu te souviens du film... Taxi driver... Tu ne l’as jamais vu. Vous vous étiez promis de vous faire un marathon de films, tous ces titres mythiques dont vous ne connaissiez pas les images. Une promesse de plus non tenue. Tant de choses que vous ne ferez pas ensemble. C’est à toi maintenant d’ajouter des taxis à sa liste. La tâche est ardue et l’angoisse te paralyse sur place.
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

glitter in the air ::  :: center l.a. :: hollywood studios+