Bonding with ink [June & Lyla]

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Bonding with ink [June & Lyla]
Dim 16 Sep - 17:41
15 septembre 2018. Westside, Los Angeles.

June ouvrit un placard pour attraper un bol quand une avalanche de vaisselle lui tomba dessus.
« Putain Jevaun, qu’est-ce que tu as encore foutu ?! »
L’éclat de sa voix couvrit à peine celui de la vaisselle. Verres, casserole, cuillères tintèrent en disharmonie en se brisant au sol. D’instinct, June rentra la tête dans les épaules au bruit. Elle se redressa aussitôt, le regard en feu.
« Jevaun !! »
Elle se recula précautionneusement, un pas après l’autre. Elle grinçait des dents à chaque crissement sous ses semelles. L’étroite cuisine était devenue impraticable.
Elle inspira, prête à appeler son frère une troisième fois. Quelque chose la retint, instinct de sœur aînée peut-être. Elle traversa la pièce principale, une salle trop petite pour trois jeunes adultes, servant de salle à manger, de salon et de bureau aux trois habitants. Une paire de chaussettes traînait sur la table en bois usé, encombrée de textes griffonnés à la main, de factures, de relevés de notes, d’articles, de courrier non-ouvert.
June contourna la table sans la voir, remonta le couloir et ouvrit la première porte à droite, la chambre de son frère. Elle ne toqua pas, elle s’attendait à ce qu’elle trouva : une chambre vide.
L’idiot avait découché.
Elle allait partir plus tard que prévu au salon de tatouage. Cela voulait dire qu’elle serait en retard à sa réunion de production ensuite.
Tant pis.

Elle venait de jeter les derniers bris de verre quand elle entendit la sonnerie d’un nouveau message sur son téléphone.
« Yo Martisha. Qu’est-ce qu’il t’a pris de crier comme ça de bon matin ? Tu m’as réveillée… »
June ignora la question de sa sœur, occupée à lire la réponse qu’elle lui envoyait à son message de la veille. Trop occupée, pas disponible pour la voir en ce moment.
« M’aurait étonnée… » grommela la chanteuse.
« Quoi donc ?
Pas tes affaires. Je suis en retard, à plus tard Tamila. »
Elle s’empara de ses clefs de voiture, de sa veste, et elle quitta la maison en hâte.
La journée commençait à peine. Dans le quartier, les personnages âgées promenaient leurs chiens, les jeunes fuyaient leurs appartements étriqués pour traîner en ville, les mères de famille épuisées poussaient leurs premiers cris contre des enfants capricieux ou des maris abusifs. Les travailleurs étaient partis depuis bien longtemps, levés aux aurores pour ne rentrer qu’au crépuscule.
June ne voyait ni les reflets orangés sur les crépis usés, ni les éclats dorés sur le bitume abimé. A la radio, une batterie accompagnait la complainte d’un rappeur de renom. Elle tapait le rythme du doigt sur son volant, rappait ou chantait les paroles qu’elle connaissait.
Elle tourna à un feux et quitta la chaleur de Crenshaw pour la misère de Jefferson, ghetto du ghetto. Les rues sentaient la poudre et la coke. Tristement, June repensa à Akoni.
La misère passa.
Au-delà d’un pont, elle débarquait subitement dans la rutilance de Downtown L.A. Les centre commerciaux, les banques, les centres d’affaire. Nulle transition entre les deux mondes, et pourtant, la barrière était évidente. Comme souvent, June claqua la langue d’agacement, jamais indifférente.
Le message qu’elle lui avait envoyé plus tôt l’agaçait encore.
Indisponible, toujours indisponible.

Elle se gara à quelques mètres du salon de tatouage, mit un billet dans le parcmètre, se hâta vers la boutique. Elle vérifia l’heure. Encore.
Pourtant, quand elle poussa la porte, elle ne montra aucun signe de mauvaise humeur. La clochette annonça son arrivée, et elle adressa un sourire radieux à Sparrow, alors installée derrière le comptoir.
« Yo Sparrow, quoi de neuf ? Je viens te distraire de ton ennui, » plaisanta-t-elle dans la foulée.
Elle avança tout droit vers le comptoir. Sa main glissa sur la surface et elle s’appuya sur son avant-bras, prit ses aises. Elle n’en était pas à sa première visite dans ce salon: Sparrow lui avait tatoué une amazone verte – l’oiseau de la Jamaïque – sur l’omoplate, qu’elle avait complété d’un motif floral qui remontait sur le haut de l’épaule droite de la jeune femme.
Parcelle après parcelle, June avait fait ajuster le motif.
Cette fois-ci, elle venait pour un nouveau tatouage.
« Tu as deux minutes à m’accorder pour discuter d’un nouveau tatouage ? » Elle jeta un coup d’œil vers la salle annexe, d’où provenait le son d’une aiguille à tatouer et la voix d’une autre tatoueuse qui discutait avec une autre cliente. « On peut faire ça rapidement si tu as d’autres trucs à faire. »
Elle haussa un sourcil, leva la main du comptoir, en un geste signifiant it’s up to you, et sa paume retrouva ensuite la surface plane.
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Bonding with ink [June & Lyla]
Jeu 11 Oct - 18:54
Une semaine. Une semaine qu’elle ne parvenait pas à faire ce qu’il fallait, qu’elle arrivait à peine à tatouer le tatouage de l’infini qu’elle avait fait déjà fait des dizaines de fois pour des personne un peu trop simples à son goût - elle ne jugeait pas les choix de tatouage des autres, mais elle appréciait tout de même lorsqu’elle tatouait quelque chose d’innovent.

Au bout de deux jours, elle avait vite compris que ce n’était pas la peine d’essayer de faire quelque chose de productif. Ses créations étaient bien, mais pas aussi exceptionnelles qu’habituellement. Alors, elle avait décidé de se mettre sur le banc de touche en attendant que tout revienne en ordre, et qu’elle ait tout évacué. La rousse ne tenait pas à ce que sa réputation et celle du salon en prenne un coup à cause d’un manque de concentration de sa part. Malgré tout, même si elle ne tatouait pas, elle s’occupait tout de même. Elle prenait des commandes, s’occupait du salon, parlait et informait les clients. Elle avait l’impression de revenir en formation. Mais elle se connaissait bien, et elle savait que si elle ne prenait pas la peine de venir à son lieu de travail, le fait de ne rien faire n’allait pas aider, bien au contraire. Elle allait trop penser. Même ses visites et ses actions au refuge se faisaient plus nombreuses, le temps qu’elle s’octroyait était inexistant, et ses nuits bien trop courtes.

Le fait de rencontrer sa fille pour la première fois lui avait fait plus de mal que prévu.

Elle avait été heureuse, mais elle se sentait terriblement mal. De la voir là, adulte, avec un début de vie bien remplit, alors que la fois où elle l’avait laissé, elle tenait dans ses bras et la seule chose qu’elle avait entendu d’elle n’était autre que le cri de sa venue au monde, et les pleures de devoir l’affronter. Lyla n’avait rien su d’elle, pas ce qu’elle était devenue, elle n’avait pas connu ses premiers mots, ses premiers pas, une autre l’avait élevée, lui avait tout apprit ce que sa propre mère aurait dû lui apprendre. Elle s’était rendu compte de tout ça, de tout le temps qu’elle avait perdu, depuis qu’elle l’avait vue. Bien entendu, tout ça elle le savait déjà, mais elle avait tout fait pour passer outre. Là, tout venait de lui tomber dessus, comme la vague d’une mer déchainée s’écraserait contre une falaise.

Mais les eaux devinrent soudainement plus calmes, lorsque la clochette de l’entrée se fit entendre. Lyla redressa alors la tête, laissant ainsi voir un visage plus pâle que d’habitude, marqué de cernes et d’une fatigue inhabituelle. Malgré tout, elle puisa dans son peu d’énergie pour éclairer son visage du même sourire qu’habituellement.

Elle poussa sur ses pieds pour se décaler légèrement de l’ordinateur, et ainsi se trouver face à la jeune femme qu’elle apprenait peu à peu à connaître, à mesure qu’elle venait pour son tatouage - désormais terminé.

Elle leva les yeux au ciel de façon amusée, face à sa remarque et attrapa son thé à la menthe au passage, pour réchauffer ses mains.


Un peu l’impression que le karma s’abat sur moi en ce moment, mais on fait aller ! Et toi donc ?


Elle dit cela avec une pointe de fatigue, recouvert d’une tonne de tentative de bonne humeur. Cela lui permettait de se convaincre elle-même que les choses auraient pu être pire. D’autant plus que dans les faits, elle n’était pas si mal, elle avait encore au moins la tête hors de l’eau. Elle se battait juste pour ne pas se noyer. Même si capacité à voir le verre à moitié plein tendait peu à peu à s’inverser.

Parler d’un tatouage ? L’artiste se redressa un peu plus à l’entente de ces phrases. Elle avait déjà beaucoup apprécié le premier projet de Jude, qu’elle avait trouvé original, coloré, et magnifique. Il était par ailleurs toujours affiché dans un coin de sa salle. Un aussi bon travail d’équipe se devait d’être mis en évidence.


Tu sais bien que Charlie comme moi, on est toujours opé pour parler tattoo ! Surtout moi en ce moment, j’me mets en pose sur la réa de tattoo, du coup j’ai pleiiiin de temps pour le reste


Elle but une gorgée de sa boisson, et se pencha sur le comptoir, pour poser ses avants bras dessus.


Alors ? Je t’écoute ?


Ainsi plus proche de sa cliente, cette dernière pouvait voir plus facilement son état qui ne ressemblait en aucun cas à celui qu’elle abordait les semaines précédentes. Sa vivacité naturelle s’était légèrement effacée, les veines de ses yeux ressortant sur le blanc du globe, les traits de son visage tirés par la fatigue. Elle était simplement à bout. Et son visage parlait pour elle.
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