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Mar 4 Sep - 8:56
La journée a été éprouvante, nous avons eu plusieurs urgences de taille, dont deux accidents de la route, heureusement sans victimes entre la vie et la mort. Je suis épuisée, et mon moral n’est pas le plus joyeux qui soit. Il faut dire que depuis que la nouvelle lieutenant a débarqué à la caserne en me volant mon poste juste sous mes yeux, je l’ai un peu en travers de la gorge. En plus de ça, j’ai la sensation qu’elle essaie de me draguer et c’est carrément désagréable. Les effluves du parfum d’Elyon continuent de hanter mes narines, j’ai l’impression que ce putain de béguin ne voudra jamais quitter ma tête, et c’est pas faute de toute faire pour m’en défaire. Ce soir, j’ai décidé de marcher pour rentrer, il y a quelques kilomètres, sans doute trois ou quatre, ce n’est pas grand chose, et malgré la fatigue, je pense que ça ne pourra que me faire du bien de marcher à l’air libre, seule. Ecouteurs vissés dans mes oreilles, j’enclenche l’album de la comédie ‘the greatest showman’ que j’écoute en boucle depuis que j’ai vu le film, et marche d’un pas finalement plus léger que tout à l’heure, chantonnant les paroles que je connais par coeur. Si je n’avais pas moins peur du regard des gens, ou du jugement, je crois que je pourrai me mettre à danser, là, au milieu de la rue. Je ne me rends pas compte non plus que je passe pas loin d’une école de danse, et du coup, je ralentis mon pas sans le vouloir. Mon regard s’arrête sur la devanture et les grandes baies vitrées offrent aux passant le loisir de voir le cours qui se déroule à l’intérieur. Une danse de salon visiblement, je n’y connais rien. Je traîne un peu plus le pas, amusée de voir que leurs pas collent parfaitement à la musique que j’ai dans les oreilles alors qu’ils dansent plus que probablement sur une musique n’ayant rien à voir. Et puis mon regard se pose sur une grande blonde charismatique, au fond de la salle. Je ne mets pas longtemps avant de la reconnaître, c’est la femme avec qui j’ai flirté il y a quelques semaines en pleine nuit à la sortie d’une soirée avec des amis. Un frisson me parcourt rien qu’en repensant à cette soirée, à cette femme qui m’a touchée et marqué sans doute plus que je n’osais le penser. Sa prestance, son charisme, la certains froideur qu’elle dégage et qui s’évapore peu à peu quand on trouve comment lui parler. A moins que ce soir là, j’ai eu plus de chance, simplement grâce au champagne qu’elle avait bu, et à cette pleine lune qui chargeait la nuit d’une électricité particulière. Un baiser, nous avons seulement échangé un baiser et puis elle est repartie. Mon numéro en main, certes, mais elle n’en a jamais rien fait, je n’ai jamais reçu d’appel ni de message de sa part depuis cette nuit là, et ce n’est pas faute d’avoir espéré, même un peu. Une hésitation s’empare de moi alors que mon regard ne s’est pas décollé d’elle. Finalement, je saisis le petit coup de pouce du destin et entre, tombant sur une jeune femme à l’accueil. « Bonsoir, vous allez me prendre pour une folle, sûrement, mais je suis bloquée sur le cours qui se passe dans cette salle depuis quelques minutes, il est commencé depuis longtemps ? Vous savez si on peut s’inscrire ? » La jeune femme m’explique qu’il vient à peine de commencer et que si je le souhaite, je peux faire un cours d’essai. Malgré une certaine petite angoisse qui se niche au creux de mon ventre, je sens surtout une certaine forme d’excitation face à cette décision prise sur le fait, et j’accepte. Elle me prête une tenue composée d’un simple legging et d’un débardeur un peu ample sous lequel je garde mon soutien-gorge. La jeune femme de l’accueil m’accompagne et m’introduis dans le cours et auprès de la professeur qui semble somme toutes très agréable. Je fais mine de ne pas avoir vu Eleanor pour le moment, ne sachant pas réellement comment me comporter face à elle.

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• côté ♥ : La solitude pour réchauffer ses draps. Le coeur solitaire qui tente désespérément de trouver un écho. Les prunelles parcelles de ciel qui lui sourient et la charment dangereusement.
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• occupation : PDG d'une entreprise de cyber-sécurité, conférencière et intervenante à UCLA. Photographe pour son plaisir personnel lorsqu'elle se dégage un peu de temps libre.
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Dim 16 Sep - 17:57

A head full of dreams.


Eleanor jeta un dernier coup d’œil à son portable avant de le glisser dans son sac de sport. Eteint.
Les appels attendraient une petite heure –et elle ne doutait pas que son entreprise puisse lui survivre durant ce court laps de temps.
Elle se redressa sur ses chaussures bien plus confortables et adaptées à la danse de salon avant de regagner la salle aux murs habillés de miroirs. Quelques couples s’y trouvaient déjà –dont certains qu’elle avait déjà côtoyés pendant des cours précédents, de salsa notamment- et elle les salua, ainsi que leur professeur qui semblait occupée à se battre avec la chaine hi-fi. Plus petite qu’elle, tout en muscles et la trentaine à peine dépassée, Eleanor la connaissait bien, car ce n’était pas le premier cours qu’elle suivait avec elle. Son énergie avait quelque chose d’entrainant et de motivant ; elle avait un côté perfectionniste qui perçait par moments dans sa façon d’enseigner mais qui poussait à se dépasser. La blonde l’appréciait beaucoup. Et elle appréciait encore plus les cours qu’elle offrait.
Le bois verni craquant par moments sous ses pas tranquilles, Eleanor se laissa gagner par l’atmosphère détendue et chaleureuse qui régnait, s’employant à laisser le travail sur le pas de la porte du bâtiment, comme à chaque fois qu’elle se permettait ces petits moments qui n’appartenaient qu’à elle, dans le simple but de se faire plaisir. Attrapée dans une conversation banale et légère, elle ne remarqua qu’à peine les dernières personnes qui les rejoignaient, avant que leur professeur ne réclame leur attention, obtenant presque aussitôt un silence religieux. Commençant par leur expliquer les origines du rock à six temps, elle se plaça au centre de leur petit groupe tout en parlant, s’accordant une petite démonstration du pas de base et des enchainements très basiques qu’ils allaient apprendre pour commencer, empruntant un danseur à sa partenaire. Puis elle laissa quelques couples plus expérimentés montrer quelques passes plus complexes. Elle souligna le rapport entre partenaires lors de la danse, évaluant manifestement qu’il y avait plus de femmes que d’hommes, avant de s’interrompre un court instant pour accueillir un retardataire avec un sourire avenant, puis de reprendre aussitôt ce qu’elle disait.
Mais Eleanor n’écoutait plus qu’en partie les mots qui s’emmêlaient dans l’air –elle n’en avait pas réellement besoin, elle n’en était pas à son galop d’essai-, le regard irrémédiablement attiré par cet être qu’elle n’avait su oublier, éprise d’un sentiment étrange, hésitant entre une joie innocente et une douce angoisse. La dernière fois qu’elle l’avait vue, c’était dans la pénombre de la nuit, et aujourd’hui, les lumières crues et artificielles du plafond inondaient la silhouette menue et pourtant pétillante de force et d’énergie, révélant les teintes châtain et blondes des boucles généreuses qui encadraient un visage aux traits doux.
Ne lui laissant plus aucun doute sur les saveurs de ces iris clairs lorsqu’ils trouvèrent brutalement les siens, avant de se détourner, comme surpris ou peut-être gênés.
Linoa.

Et s’il s’agissait du dernier endroit où elle pensait (espérait ?) croiser la belle inconnue qu’elle n’avait osé rappeler après ce baiser échangé, elle ne pouvait nier que cela avait quelque chose de plaisant. Inattendu, un peu effrayant, mais très plaisant. Ils ne tardèrent pas à se diviser en deux groupes pour apprendre le pas de base, et spontanément, elle suivit une femme venue accompagnée d’une amie pour rejoindre le rang des hommes. Ce choix lui fit l’effet d’une audace qu’elle aurait par la suite du mal à se pardonner, alors qu’elle se plaçait sur la même ligne que Linoa. Un choix qui serait aussi challenging, parce qu’elle avait surtout dansé les mouvements des femmes en rock, qu’il s’agissait par conséquent de réapprendre beaucoup de choses. Leur professeur n’en fit pas grand cas, montrant le pas de base aux femmes, puis celui miroir, pour les hommes, qu’ils s’employèrent tous à répéter quelques fois avant de rejoigne le partenaire qui se trouvait sur leur ligne. Le rythme cardiaque un peu altéré, Eleanor s’employa pourtant à ne pas trahir son trouble, le dissimulant derrière un sourire sincère, l’expression ouverte, lorsqu’elles se retrouvèrent face à face sur le demi-cercle formé par les divers couples.

« Bonsoir Linoa. »

Ce ne fut qu’un murmure presque complice alors que déjà leur professeur reprenait, montrant le positionnement et les prises. Les prunelles d’Eleanor suivirent par réflexe les mouvements qu’elle connaissait déjà, bien qu’elle eut été bien plus souvent dans la position de Linoa au sein du couple de danseurs, s’échappant par moment vers le visage de sa partenaire d’un soir.
D’un deuxième soir.
Et dire qu’elle ne savait que faire avec cette pensée aurait été un euphémisme, alors qu’elles allaient de nouveau éprouver la proximité de l’autre. Il n’y aurait plus la pénombre pour maquiller le trouble sur les traits ; il n’y aurait plus les étoiles pour seuls témoins de leur rapprochement. Le sourire d’Eleanor se fit sensiblement plus timide mais aussi rassurant alors qu’elle devinait que Linoa était elle aussi un peu désarçonnée par la situation, peut-être surprise de leur audace commune, alors qu’elles se retrouvaient là, en plein jour, bien loin de l’espace de confort qu’elles s’étaient tissé lors de cette soirée à présent bien lointaine. Elle se rapprocha de l’autre femme tout en respectant une distance bien visible, à la fois respectueuse de son confort et des codes de la danse qui ne demandait pas, pour les pas de base, une proximité plus poussée.

« Tu as déjà dansé le rock à six temps auparavant ? »
s’enquit-elle doucement, à la fois curieuse et bienveillante.

Ses gestes se paraient de la maladresse des premières fois –ou bien était-ce Eleanor qui l’intimidait un peu, cette dernière n’aurait su le dire alors qu’elle glissait son bras droit sous celui de Linoa, posant sa main fermement contre son omoplate. Lui tendant son autre main dans un geste invitant pour accueillir la sienne selon les exigences de leur professeur, elle laissa son regard s’égarer sur les traits de sa partenaire, le ventre un peu noué, regrettant ne pouvoir la regarder dans les yeux alors que leur professeur reprenait pour esquisser le pas de base. Elle compta à voix haute pour donner le départ.
Et d’une légère impulsion contre la main réfugiée dans la sienne, Eleanor invita Linoa à esquisser un pas en arrière sur le premier temps.


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Jeu 27 Sep - 17:52
Si j’ai l’habitude de me mettre en danger dans ma vie professionnelle, j’évite de le faire trop souvent dans ma vie personnelle. On peut croire que je suis du genre tête brûlée, mais la réalité est toute autre, et ma décision ce soir d’entrer dans cette salle de danse pour assister au cours qui s’y déroule, ne me ressemble qu’à moitié. Il fallait bien une motivation à cela, et ce fut elle. Eleanor. A peine mon regard posé sur elle de l’extérieur, que l’envie de la rejoindre a fait sauter toutes mes craintes à propos de ce cours qui me ramène à l’inconnu, au grand saut dans le vide. Nos regards se croisent pour la première fois et voilà que mon coeur se met à palpiter légèrement plus vite, j’ignore la raison de ce sentiment, mais je l’accueille avec bienveillance en mon for intérieur. Après tout, je suis là avant tout pour elle, pour forcer le destin. J’aurai pu simplement laisser passer ma chance, filer reprendre le cours de ma vie plutôt que d’assister à ce cours de danse, alors que je n’y connais strictement rien. Bouger mon corps chez moi, ou en boîte, c’est complètement autre chose que de venir aligner des pas bien répétés ici même.

J’écoute avec attention les paroles de la jeune professeur qui doit avoir à peine plus de mon âge, et mon regard bifurque quelques fois sur Eleanor qui m’offre un léger sourire empli d’une certaine bienveillance qui me semble être presque déplacé face à son silence depuis si longtemps. Je n’attendais plus de signe d’elle, j’avais fini d’espérer quoi que ce soit. Et pourtant je suis là. Guidée par la voix de la professeur, je me place, suivant les pas des autres danseuses, alors que les hommes et les femmes se séparent, et que certaines femmes soient obligées de se ranger du côté des hommes par simple manque d’effectif. Face à Eleanor, je comprends rapidement qu’elle sera donc ma partenaire pour ce soir, qu’elle sera celle qui guidera mes pas, et au fond de moi, je n’espérais pas mieux que ça pour des retrouvailles. Nos corps s’approchent, se sondent, et sa voix m’extirpe un léger frisson. « Bonsoir Linoa. » « Eleanor… » Mes iris ancrées aux siennes un instant, je finis par détourner le regard pour le poser sur mes pieds, avec un peu d’appréhension dans le bout des doigts. J’ignore comment me comporter face à elle, face à sa prestance, son charisme qui m’avait déjà charmé la première fois. « Tu as déjà dansé le rock à six temps auparavant ? » dit-elle en s’approchant davantage, réduisant la distance entre nos corps, ne laissant que quelques malheureuses dizaines de centimètres en guise de zone d’intimité. Qu’est-ce qui m’a pris au juste ? Je secoue sensiblement la tête et esquisse un sourire presque un peu gêné. « Jamais non, c’est mon baptême ce soir. » Il faut bien commencer par quelque chose me direz-vous. Et si j’avais pu paraître plus assurée la dernière fois, cette fois c’est différent, parce que je suis sur un terrain inconnu, parce qu’elle m’intimide et que je ne sais toujours pas ce que je fais ici, ni même ce qui m’a pris d’entrer.

Pourtant, à l’instant où la distance entre nous s’amenuise et que le premier contact se fait, j’ai presque la sensation que mes doutes s’envolent, et que je suis alors là pour une raison bien précise. J’ai besoin de savoir pourquoi elle ne m’a pas rappelée, mais ce n’est certainement pas comme ça que je poserai la question. Eleanor m’intime sans un mot de glisser ma main dans la sienne et je ne me fais pas prier, la laissant guider les premiers pas. Je me concentre, malgré mon coeur qui bat un peu plus vite depuis que ma main s’est retrouvée dans la sienne. « Je savais pas que tu prenais des cours de danse… » Elle a l’air de quelqu’un tellement dans la retenue, dans le contrôle, qu’il m’aurait été impossible de deviner qu’elle pouvait s’évader avec une discipline telle que la danse. Le regard toujours fuyant pour me concentrer une fois sur la professeur, une fois sur mes pas, je finis par plonger mes iris à nouveau dans les siennes, et me sens foudroyée par les réminiscences de cette soirée qui m’a visiblement marquée plus encore que je ne l’aurai imaginée, sans que je n’en devine le pourquoi du comment. « Tu es toujours du côté de ceux qui mènent la danse, ou tu sais aussi te laisser guider ? » Le sous-entendu de ma question n’est pas innocent, pas plus que l’esquisse de sourire qui prend place au coin de mes lèvres.

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Dim 13 Jan - 10:25

A head full of dreams.


Les cours de danse s’apparentaient à ses moments de détente tout personnels. Certains couraient jusqu’à ce que l’oxygène leur brûle les poumons et que leurs muscles crient à l’agonie, d’autres sortaient boire un verre, seuls ou avec des amis.  Il y avait ceux qui préféraient s’installer au calme, un livre à la main et parfois un verre de vin pas bien loin, ou encore enchainer les séries sur Netflix, ou même s’adonner à des jeux vidéos. La multiplicité des possibilités n’avait de réelles limites que celles de l’imagination de chacun, dans le fond.
Pour Eleanor, c’était la danse.
Le gouffre avec ses activités au travail était abyssal ; les probabilités qu’elle croise quelqu’un qui s’approche de prêt ou de loin de son cadre professionnel avoisinaient dangereusement zéro. Mais au-delà de ces faits indiscutables, c’était une activité qui lui vidait la tête. C’était une conversation chaque fois nouvelle, différente, au gré des partenaires et des danses ; c’était un échange à la fois physique et émotionnel qui s’affranchissait de la barrière du langage, qui se dessinait dans l’alchimie des gestes plutôt que dans le miel des mots. C’était vrai, sincère. Un partage qui la rendait toujours plus curieuse d’en apprendre plus, de se perfectionner, mais aussi de donner, de s’amuser, de prendre du plaisir. La danse la comblait d’une façon qu’elle peinait à qualifier, et qui n’avait rien  à envier au sentiment d’accomplissement que lui procurait son travail.
Et partager cela avec Linoa, c’était spécial. D’une façon qu’elle ne pouvait décrire avec des mots, mais qu’elle ressentait de manière vive et intense, alors qu’elles évoluaient avec lenteur et patience, apprenant l’une de l’autre sous les directives de leur professeur. Difficile de savoir si c’était la danse en elle-même, la palette d’émotions auxquelles la PDG la rattachait, qui lui conférait cette impression à la tendre et brûlante, ou si c’était juste parce que c’était Linoa.
La première option demeurait la plus rassurante.
Mais Eleanor ne pouvait se mentir à ce point-là.

C’était troublant de la sentir si proche, sous la lumière crue des lumières artificielles. De ne plus avoir à deviner en partie la douceur de ses traits dans la pénombre ou l’ardeur des émotions qui les imprégnaient. L’obscurité relative qui avait baigné leur rencontre s’était entremêlée au charme de l’inattendu, distillant à la fois une impression de sécurité et une certaine déception dans les veines d’Eleanor. Déception parce que l’absence de clarté ne lui avait pas permis de pouvoir proprement contempler son inconnue d’un soir à l’époque, de pouvoir apprécier complètement les expressions de son visage alors que la conversation coulait entre elles avec une simplicité désarmante ; sécurité parce que cela avait rendu le rapprochement moins effrayant, étrangement plus naturel, parce que le baiser égaré s’était presque apparenté à un joli rêve, loin d’une réalité où elle n’aurait pu s’autoriser un tel écart, un tel oubli. Au-delà du plaisir et de l’angoisse latente qui s’emmêlaient en elle, griffaient sa poitrine et dopaient un peu trop les battements de son cœur, il y avait ce sentiment piquant de honte qui lui vrillait les entrailles, lui rappelait durement qu’elle piétinait, une nouvelle fois, une frontière qu’elle s’était jurée de ne plus bafouer en quittant Penelope sur les trottoirs parisiens. Lui soufflait qu’un peu trop effrayée par les conséquences de ses actes auxquelles elle n’avait pas songées (une naïveté qu’elle ne se pardonnait pas), elle avait préféré une nouvelle fois fuir plutôt que saisir son téléphone et composer le numéro que Linoa lui avait laissé, dans un geste qui n’imposait rien mais l’invitait plutôt avec bienveillance.
Eleanor détestait fuir.
Mais il fallait croire que c’était une lâcheté à laquelle elle s’abandonnait bien trop souvent quand il s’agissait des affres du cœur.
Qu’est-ce que Linoa devait penser à présent qu’elles se retrouvaient là, face à face, les paumes serrées l’une contre l’autre, à tenter de s’accorder sur le rythme de la danse ? Que leur rencontre n’avait pas compté –la blonde n’osait trop espérer que le sentiment soit réciproque, mais il n’y avait rien de plus faux la concernant ? Qu’il s’agissait juste un moment d’égarement pour la blonde ? Ou bien même qu’elle avait eu peur ? Et en cela, son inconnue aurait-elle eu tort ? Non.
Parce qu’Eleanor avait eu peur –peur d’elle-même surtout, peur de la vouloir, peur d’apprécier ce rapprochement bien au-delà du cadre d’une amitié, peur de ce qu’elle avait ressenti et de ce qu’elle pourrait ressentir. Elle ne pouvait nier cette part d’elle-même qui demeurait terrifiée, parce qu’elle avait toujours été là, à se cacher dans son ombre, en dépit de toutes les fois où elle avait tenté de l’ignorer, de détourner les yeux.
Son sourire s’affirma, mêlant confiance et chaleur, à l’aveu un peu timide mais quelque part si touchant.
« J’espère que cela te convaincra de poursuivre, laissa-t-elle échapper avec douceur. Au début, c’est difficile de ne pas faire attention à autre chose que ses pas, mais rappelle-toi qu’il faut que tu y prennes du plaisir avant tout. »
Elle espérait que ses mots retiennent un peu plus longtemps les prunelles si claires contre les siennes, mais elle savait à quel point il était difficile, presque contre-nature, de ne pas regarder tour à tour ses pieds et ceux du professeur lorsque l’on apprenait une toute nouvelle danse. Et quelque part, cela rendait les retrouvailles d’autant plus inattendues et belles, lorsqu’après une longue évaluation des mouvements à exécuter, les regards se trouvaient pour un instant aussi éphémère qu’un battement de cil, mer de glace contre océan des tropiques. Les questions se dissimulaient mal dans l’azur des iris accrochés aux siens, mais elles n’avaient pas leur place entre elles en cet instant –pas quand la musique essayait de guider leurs pas, d’accorder leurs âmes.
La remarque de Linoa lui arracha un sourire à la fois attendri et étrangement complice en dépit des émotions contradictoires qui l’agitaient, qu’elle faisait naitre en elle par sa seule présence blottie contre la sienne, réminiscences de cette belle soirée qu’elle n’avait pu se résoudre à oublier en dépit du silence qu’elle lui avait injustement imposé.
« Il fallait conserver un peu de mystère. » émit-elle avec légèreté.
Plus une plaisanterie qu’autre chose –Eleanor n’entretenait pas de mystères autour de sa personne, elles n’avaient juste pas eu l’occasion d’aborder le sujet la dernière fois.
« Je ne savais pas pour toi non plus, releva-t-elle avec retenue, malgré tout curieuse et ingénument intéressée. C’est ta première danse de salon ou tu en connais d’autres ? »
Curieux comme en dépit des sentiments opposés qui assaillaient sa poitrine, cet entremêlement de crainte et de joie, de curiosité et de réserve, d’assurance et de doutes, la proximité de l’autre femme, comme des semaines auparavant, lui semblait naturelle. Elle la ressentait pourtant avec violence, comme si chaque cellule de sa peau pouvait en pressentir la caresse, la déchirure, mais c’était doux contre son cœur un peu trop perdu, contre son esprit qui tournait à mille à l’heure.
Et le sourire qui ponctua l’assertion à l’innocence feinte de Linoa fit pétiller son regard, à la fois surpris et appréciateur.
Touchée.
Si elle avait plus l’habitude de guider ? Oui, dans tous les autres domaines de sa vie, sauf peut-être celui-ci.
« Je préfère mener. »
Même si elle n’en avait pas beaucoup l’occasion, comme dans la plupart des danses qu’elle connaissait, c’était l’homme qui donnait les pas. Néanmoins, sa réponse ne concernait pas la danse.
« Mais je sais me laisser guider, concéda-t-elle, ses prunelles s’adoucissant contre les traits de Linoa, à la danse, parce que c’est parfois nécessaire. Même si ce devrait plus être une question de confiance en l’autre, en réalité. »
Elles allaient esquisser le retour danseuse –et plutôt que la guider vers elle comme elles venaient de le répéter plusieurs fois, elle lui fit  faire un tour sur elle-même, stabilisant sa posture d’une main sûre pour prévenir la surprise du mouvement dont elle avait donné l’impulsion. Ce fut un peu maladroit des deux côtés, mais Eleanor ne cherchait pas la perfection du geste ; elle voulait juste surprendre Linoa, et tenter de la faire rire.
« Comme tu te débrouilles bien, c’était tentant. » lui glissa-t-elle tout bas, les lèvres habillées d’une bienveillance malicieuse.
De lui rappeler qu’au-delà de l’aspect académique de l’apprentissage, elles partageaient cette danse pour y cueillir les fleurs délicates du plaisir.  
pas en arrière sur le premier temps.



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